Virtual Walls

‘Virtual Worlds’, le salon ‘officiel’ dédié aux mondes virtuels, tenait sa première édition européenne lundi et mardi derniers à Londres, après 4 éditions nord-américaines (NY 2007 & 2008, San Jose 2007 et L.A. 2008).
Le Virtual Worlds Forum, salon concurrent censé se tenir à Londres 2 semaines plus tôt, avait dû être ‘reporté indéfiniment’ suite à un meurtre survenu la veille de l’ouverture dans le lieu prévu pour le salon. Trop de conférences tueraient-elles les conférences ?
‘Virtual Worlds London’, saison 2 épisode 3, fut bien décevant. Un remake peu passionné de l’épisode new-yorkais (95% de sessions redondantes), centré sur son leading man malgré lui, Second Life, et quelques seconds rôles un peu émoussés en cette fin de saison. La série se cherche. Sans vraiment se trouver. Et peine à séduire. La faute, sans doute, à une politique de prix prohibitifs (1200 € les 2 jours) et de contenus réchauffés. Entendu au détour d’un couloir : “mais où est donc la créativité ?”.
Cet épisode londonien raconte comment Second Life, malgré sa difficulté à (re)décoller, demeure la plateforme qui conjugue – de manière créative – contenus et communautés, tandis que des dizaines de plateformes concurrentes désespérément vides ne cessent d’émerger, chacune y allant de sa solution technique, en espérant qu’elle deviendra LE standard du web 3D. N’a-t-on donc rien retenu de l’histoire du web ? Les mondes virtuels, cette industrie-qui-n’en-finit-plus-de-naître, ne sera pas épargnée par la crise. Face à la démultiplication des contenus et de leurs canaux de diffusion, seule une offre très qualitative, accessible et utile sera en mesure de convaincre le grand public de l’intérêt de la 3D temps réel.
Autre signe qui ne trompe pas : les salons Virtual Worlds changeront de nom pour la saison 2009, devenant ‘Engage‘, qui promet de mêler web 3D, mondes virtuels, jeu et biens virtuels. Glissement sémantique ET stratégique. Voilà même qu’on nous annonce des ‘opportunités de crise’ : face à la récession, les consommateurs devraient se reporter sur les biens virtuels. Bien sûr.
L’avenir du virtuel se joue peut-être finalement dans sa capacité à faire son nid dans la réalité, en faisant tomber les murs qui le confinent au stade expérimental depuis près de 30 ans.




